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Un marais par vallée


Marqués par des conditions géologiques et topographiques auxquelles s’est adaptée une végétation particulière, les marais se distinguent selon leur vallée. Les marais des vallées de la Douve et de la Taute occupent la plus grande superficie (15 000 ha), la tourbe affleure tout en s’enfonçant profondément. Présente également dans les marais des vallées de la Vire et de l’Aure aux dimensions plus modestes (6 000 ha) et dans les marais arrières littoraux de la côte Est (3 300 ha), la tourbe moins épaisse n’affleure que par endroits.

L’Ay, la discrète

La vallée de l’Ay est particulièrement discrète avec ses abords barrés de haies bocagères. Seuls quelques chemins d’exploitation conduisent dans cet étroit fond de vallée. C’est un tapis de verdure isolé où paissent les vaches.
Le sentier de la Rivière de l’Ay permet de suivre la paisible rivière. Son cours sinueux traverse les parcelles de prairies entrecoupées de clôtures. Il ne se distingue du bocage environnant que lorsque l’eau le submerge. Des parcelles ne sont plus exploitées par la fauche et le pâturage ; la friche arbustive puis boisée progresse.

La Douve entre ciel et marais

Profondément tourbeuse, la vallée de la Douve, la plus large et la plus longue, est dans sa partie intermédiaire recouverte d’une couche limono-argileuse. Sur cette terre se trouve le plus grand nombre de marais communaux, ils sont pour la plupart pâturés. La présence du plateau calcaire du Plain sur le versant Sud-Est de la vallée copie la configuration de la vallée de l’Aure. Dissymétrie et hauteur variable des versants se ressentent par endroits.
Le panorama de Liesville-sur-Douve, situé sur un versant abrupt, permet de dominer d’une dizaine de mètres l’immense étendue des marais de la Douve. La végétation de ces prairies communales est uniformément rase ; bovins et chevaux l’ont mise à nu. N’accrochent le regard que quelques arbustes longeant l’emplacement de l’ancien bac, ici et là des « mères d’eau* » brunes à argentées et un ancien méandre. Plus en amont, à Longuerac, l’ambiance est similaire.
En aval de la Douve, une végétation plus drue tapisse le sol tourbeux.
A la confluence de la Sèves et de la Douve, le Marais du Rivage est revêtu d’une végétation aux couleurs parfois mordorées. Plusieurs clochers, permettant de s’orienter, sont visibles.
En plus des travaux d’assèchement des marais, Napoléon Ier décide en 1805 de relier les côtes Ouest et Est de la presqu’île par des canaux. Les travaux débutent avec de la main d’oeuvre locale puis avec des prisonniers espagnols et russes, comme en témoigne le Canal des Espagnols. D’énormes difficultés surgissent dans un sol gorgé d’eau. Trois portions d’un kilomètre, comme trois saignées dans le vert des prairies, témoignent de cette ambition avortée.
En amont, à partir de Selsoif, la vallée de la Douve se rétrécit. A Néhou, le tapis vert tendre des grandes parcelles est remplacé par des carex et des joncs absorbant la lumière.
*Mères d’eau : ce sont d’importants canaux permettant de collecter l’eau.

Horizon Taute

L’horizontalité règne sur la vallée de la Taute. La règle n’est enfreinte que par des routes surélevées bordées d’arbres ou de quelques arbustes isolés. Etroite et digitée en amont, elle s’élargit plus encore autour du canal de Vire et Taute : véritable trait d’union entre les deux vallées. Au loin, le rebord du haut pays forme une sorte de ceinture sombre que l’on pourrait croire boisée et qui n’est en fait que bocagère.
Du Mémorial de Graignes, on profite d’une vue dégagée sur l’aval de la vallée. Ces immenses parcelles de marais appartiennent aux communes. Dans certaines parcelles, l’humidité du sol et l’insuffisance de pâturage ou de fauche favorise le développement des refus sous la forme de touffes. La Taute sinueuse et argentée est entrecoupée de « mères d’eau ». Tout autour, les versants dominent d’une vingtaine de mètres.
La Maison des Ormes, ancienne maison éclusière, est située au coeur des marais, à une extrémité du Canal Vire-Taute. L’espace alentour est plat, les limites de parcelles sont indécelables, exceptées quelques rares rigoles de drainage encadrées de roseaux. Des saules bordent une partie de la Taute. Le Port des Planques, réaménagé au moment de la création du canal, compte parmi les ouvrages qui ponctuent le cheminement.
La Roselière des Rouges-Pièces, située à la confluence de la Taute et du Lozon, n’a rien à voir avec une vaste prairie. Vu de l’extérieur, elle présente un aspect arbustif et impénétrable, conséquence de l’abandon de la production des rotz*. C’est un patchwork conjuguant espaces ouverts et bosquets composés essentiellement de saules.
*Rotz : mélange de végétaux utilisés autrefois pour couvrir les maisons.

Le cours de l’Aure

La vaste étendue est à peine ponctuée par les taches sombres de quelques bosquets. Il y a dissymétrie entre les versants Nord et Sud de cette vallée, la plus encaissée du territoire. L’Aure vient butter régulièrement sur le versant Nord : un coteau abrupt en amont de Trévières issu du plateau calcaire du Bessin. Un réseau géométrique de fossés et de chemins, particulièrement dense dans ce marais privé et entretenu, entrecoupe la sinuosité de l’Aure. Les bourgs dominent la vallée. Les fermes de pierres calcaires se sont établies à la périphérie du marais.
Un tapis vert tendre se déroule de chaque côté du sentier de découverte des Marais de l’Aure quand les parcelles sont pâturées par les bovins. D’autres parcelles, en attente d’être fauchées, agitent leurs herbes hautes teintées de roux. La trame des fossés se repère aux feuillages des roseaux. Quelques mares miroitent au soleil, avec à leur ceinture un gabion (construction enfouie et camouflée à proximité de mares, servant d’abri aux chasseurs). Les mares se dessèchent dès le printemps. Les buttes et les mares créées par l’Homme marquent le paysage de marais.

Au loin, les imposantes bâtisses des hameaux du haut pays bocager se surimposent au maillage de haies. Elles sont tournées vers ces immenses prairies verdoyantes, permettant la surveillance estivale des bêtes en pâture. L’hiver, elles défient le marais blanc.
Dominant la vallée, le clocher élancé de l’église de Monfréville est visible de chaque parcelle de marais. De ce point haut, la vision panoramique sur l’étendue verte où serpentent les reflets argentés de l’Aure est inégalée. Signes de la maîtrise des lieux par l’Homme, apparaissent les fossés rectilignes et les ouvrages de régulations des eaux. Du hameau de la chaussée d’Ecrammeville, ciel et marais se rejoignent à l’horizon, hiver comme été. Avant la fauche, les herbes hautes ondulent au vent comme un ressac végétal. Surgissent de l’immensité quelques arbres isolés, seuls points d’appel du regard.
Coincé au Nord par un versant abrupt, un village, « les Gosnons » débouche sur des prairies plus intimes et verdoyantes. Les micro-terrasses sur le versant permettent le pâturage des animaux. Le développement des ronciers et des arbustes témoigne d’un début d’abandon. Au loin la vallée s’ouvre sur le bourg de Trévières où convergent trois cours d’eau : l’Aure, la Tortonne et l’Esque.

Vallée verte de la Vire

Longtemps envahie par la mer (jusqu’au XIXème siècle), la Vire est rectiligne et le sol constitué de tangue* jusqu’à Saint-Lambert, elle adopte ensuite un cours sinueux, les sols deviennent plus argileux. Des digues ont été édifiées afin de canaliser son cours. Le vert tendre des prairies, dominant presque partout, contraste avec les couleurs des cultures implantées çà et là.
Le sentier partant de Saint-Lambert traverse des prairies recouvertes de blondes graminées. Relativement petites, les parcelles sont bordées de roseaux camouflant quelques limes*. Le chemin est lui aussi caché par des résidus de haies d’églantier et de sureau. Nombre d’arbres et d’arbustes imposent leur stature aux herbages. Le feuillage olivâtre du saule est très présent. Saint-Lambert est un ancien port à l’activité économique dynamique. Près des digues, les micro-reliefs sont des reliques de salines. En poursuivant le sentier de découverte des Marais de l’Elle, la vue s’ouvre sur un ensemble de parcelles très étroites et vient butter sur la « digue des frênes ».
A l’opposé, le Château de la Rivière, sur la commune de Saint-Fromond, puissante forteresse des marais du XIIIème au XVème siècles, domine la partie la plus large de la vallée. Ce secteur est ponctué de mares à gabion. Le canal qui relie la Vire à la Taute, trait d’union entre les deux vallées, se devine à la légère surélévation du terrain.
La Vire se resserre en amont de la vallée. Au hameau des Claies-de-Vire, cette configuration a été utilisée au cours des siècles pour divers usages : barrage pour aménager une pêcherie, un moulin, une micro-centrale électrique et une écluse. En amont, les feuillus continuent de longer son cours. Quelques saules têtards imposent leur silhouette particulière.
*Tangue : sédiments d’origine marine et fluviale composés de petits coquillages et de sables ainsi que de matières organiques et d’argile. Selon la proportion des différents matériaux, la couleur de la tangue varie du blanc au gris.
*Limes : fossés délimitant les parcelles.

Des affluents clones ou rebelles

Le Merderet est un affluent de la Douve. La platitude de ce fond de vallée est soulignée par la forte présence de saules têtards le long des chaussées voire des fossés. Les routes sont généralement surélevées afin que la traversée du marais reste possible l’hiver. Dominant la vallée du Merderet, la Fière, ancien fief blotti au creux d’une vaste motte féodale qui surveillait les gués antiques, fût le théâtre de combats parmi les plus décisifs du Débarquement.
La Terrette calque ses marais sur ceux de la Taute, hormis au hameau de Gournay. A la limite entre le haut-pays et le bas pays, de petits prés plantés d’arbres taillés et encadrés de la ceinture verte du bois du Hommet remplacent les grandes étendues ouvertes et semblent marquer la barre forestière.
L’Elle voit, de la Bougue d’Elle à Airel, les parcelles de fauche s’imposer. On domine un espace varié dans lequel arbres isolés, résidus de haies et alignements de peupliers donnent la réplique aux parcelles de graminées longées de limes. En amont, la vallée devient très étroite et encaissée entre les hameaux de la Planche et de la Castellerie situés sur le sentier de découverte de l’Etang de la Tuilerie.

La Tortonne est un affluent de l’Aure. Les prairies humides qu’elle traverse sont loin de ressembler aux grandes étendues ouvertes du marais de l’Aure. Elles sont plus confinées. La variété des formes et des couleurs donne tout son charme à cette petite vallée.
Le Gorget est un affluent de la Douve, il borde le nord de la Réserve Naturelle de la Sangsurière et de l’Adriennerie. Le sol souple et élastique présente une couleur noire typique de la tourbe. Au centre de la Sangsurière, la végétation est de plus en plus sauvage. La prairie tourbeuse, où la grande marisque et la bruyère dominent, cède la place à des boisements tourbeux limitant la vue. Depuis le haut pays, les parcelles du marais communal de Varenguebec apparaissent en damier : la fauche est pratiquée tardivement une année sur deux pour conserver le plus grand nombre d’espèces animales et végétales.
La Sèves, affluent de la Douve, s’étend sur un sol exclusivement tourbeux recouvert de prairies et de tourbières. Le bas pays est formé de petites parcelles ondulées, entourées de haies d’arbres et d’arbustes. Quelques champs ont été plantés de maïs. Leurs rangs réguliers s’opposent aux refus drus et anarchiques des prés pâturés. Du Donjon du Plessis-Lastelle, on aperçoit au loin une zone d’extraction de tourbe.
*Refus : touffe d’herbe non pâturée.

Marais arrières littoraux

La faiblesse du bassin versant limite les apports d’eau dans les marais arrières littoraux. Les fossés et les quelques petites rivières sont vite saturés. Coincée entre le cordon dunaire et une falaise morte, cette zone humide est recouverte de prairies assez étendues bordées de fossés soulignés par les roseaux. Elle est piquetée de bosquets et de mares abreuvoirs et traversée par de longues chasses* rectilignes parallèles les unes aux autres, rythmant l’organisation de l’espace.
A partir de Foucarville, la séparation entre prairies du bocage et prairies du marais est marquée par la disparition progressive des haies. A la limite du marais, les parcelles en herbe parcourues de rigoles perpendiculaires sont remplacées par une végétation rase et grise. Le sol est plus sableux et bosselé. Ce micro relief, visible quand l’herbe est rase ou couchée, est constitué de dépressions qui restent inondées. Une fois dans le marais, si les haies limitent le regard, rien hormis les buttes sableuses ne rappelle le voisinage de la mer.
La chasse* partant du hameau de Sortosville, à Fontenay, pénètre dans les prairies du marais arrière littoral. La végétation est surtout composée de graminées avec ici et là quelques rares touffes de carex. Coupées de petits fossés, les prairies sont limitées par des haies et ne sont pas très marquées par la proximité du littoral. Au nord, l’avancée de la falaise morte, sur laquelle repose Quinéville, renforce l’impression de cuvette.
Le sentier d’Aumeville-Lestre permet de découvrir la succession des milieux typiques des communes de la Côte Est : l’estran, le cordon dunaire, le marais, la falaise morte et le bocage.
La Sinope est le seul petit fleuve de la Côte Est formant à son embouchure un petit havre en capacité d’accueillir des bateaux. En amont du havre, qui se situe au coeur d’un village de bord de mer dominé par l’église de Quinéville, deux portes à flots régulent les niveaux d’eau dans la zone humide. Bien que restreint, l’espace dunaire a servi de fortification durant la seconde guerre mondiale. Au loin, une ligne de petites maisons est tournée vers la mer. Leurs façades colorées rythment ce marais.
*Chasse : chemin

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